Nous allons entamer
ce mois-ci l'étude des mesures.
La mesure divise
le morceau de musique en parties égales. Elle est indiquée par
deux chiffres en fraction :
Si
elle peut être vécue comme une contrainte (certaines musiques traditionnelles
ou au contraire très contem-poraines ne l'utilisent pas), elle est très
utile pour connaître la pulsation d'un morceau c'est-à-dire son
rythme.
C'est
elle qui indique la nature du TEMPS, c'est-à-dire si le repère
rythmique (la pulsation) sera la noire (cas le plus fréquent), la croche,
la blanche ou la noire pointée par exemple. C'est également la
mesure qui précise le nombre de temps, par exemple 3 dans la valse, 4
dans la plupart des musiques "modernes" ou 7 dans les mesures "irrégulières".
NUMERO
LES MESURES / I
Pour
simplifier, nous allons séparer les mesures en deux familles :
-
les mesures binaires ou simples
-
les mesures ternaires ou composées
Dans
les deux cas, le repère le plus important est le PREMIER TEMPS, c'est-à-dire
la première pulsation de la mesure.
Son
style est typique des batteurs de Metal : jeu de double pédale de grosse
caisse, rapidité, puissance et recherche de l'efficacité. Une
certaine simplicité apparente a pu faire dire que Lars Ulrich ne possède
pas une technique très développée, surtout si on le compare
aux batteurs actuels, plus proches du "clic" et très, voire
trop, préoccupés par la technique. Il reste pourtant une référence
incontournable, un "repère" entre le style Hard Rock et le
jeu Metal des Igor Cavalera (Sepultura) et autres Joey Jordisson (Slipknot).
LES
MESURES BINAIRES
:
Dans les mesures
binaires, le temps (la pulsation) est égal à une valeur de note
simple (ronde, blanche, noire, croche, double croche). Il peut donc être
divisible par deux (la blanche se divise en deux noires, la noire en deux
croches...) - Reportez-vous au tableau "la
durée des notes" dans TOUGOUDOUM
Numéro 2.
Nota
: le plus souvent, le temps de la mesure binaire est à la noire, ce qui
pousse à assimiler ces deux notions, alors qu'elles sont très
différentes : la NOIRE est une valeur (ou une durée) de note,
toujours égale par rapport aux autres notes, alors que le TEMPS est une
pulsation régulière dans un morceau mais qui peut varier d'un
morceau à l'autre voire dans un même morceau (noire, blanche...).
Nous étudions
les MESURES
TERNAIRES dans TOUGOUDOUM
Numéro 4.
La
mesure débute et se termine par une barre de mesure :
LE
FLAS
Il
consiste à jouer un coup faible d'une main immédiatement suivi
d'un coup fort de l'autre main.
Bien sûr, le flas peut être
joué à gauche ou à droite, sur n'importe quelle durée
de note (ronde, blanche, noire, croche, double croche...).
Il est très important à
l'instar du saxophoniste, de "penser" la note FLAS au moment de
la frappe et, bien sûr, de travailler lentement pour acquérir
la précision des gestes.
Commencer par exemple en jouant en boucle
(c'est-à-dire plusieurs fois à la suite) des flas à la
RONDE :
Exemple
d'utilisation des flas à la batterie, mesure irrégulière
en 5/4 :
La
baguette jouant le coup faible reste près de la peau pour la toucher
juste avant le coup fort.
LES
MESURES IRREGULIERES
Voici
une astuce pour créer vos premières rythmiques en 7/8 :
Prenons
un rythme 4/4 :
que
l'on traduit en 8/8 :
puis
enlevons la dernière croche :
Le
FILL du mois :
Il
se note ainsi :
Exemple
de flas à droite :
Légende
:
main
gauche
main
droite
accent
coup
faible
coup
fort
puis
COMMENT
ASSOURDIR LE SON DE LA BATTERIE
Ce qui donne :
2
4
2
4
2
4
6
8
,
etc...
de ronde c'est-à-dire à
une noire.
Voir
les CHIFFRES DE MESURE dans Tougoudoum Numéro
5.
Notons que, comme dans le tableau
étudié dans le Numéro 2, le repère "absolu"
est la ronde.
1
4
>
le chiffre du haut indique le
nombre de temps par mesure : 2
>
le chiffre du bas indique la
pulsation, la nature du temps. Ici le temps est égal à un quart
Prenons
un exemple :
Selon
les styles de musiques, le son de la batterie peut être très différent.
Par exemple, un batteur de Jazz exploitera la résonance de ses fûts
alors qu'un batteur de Rock va plutôt chercher à raccourcir la
durée de la note de grosse caisse et de caisse claire. Il existe de nombreuses
solutions pour obtenir un son mat et éviter une trop grande résonance
de la batterie. En voici quelques unes :
Essayez
ces solutions ou cherchez vous-même vos propres solutions en fonction
de ce que vous jouez et de votre style de jeu. L'objectif étant d'avoir
un son qui vous corresponde.
LARS
ULRICH
Batteur
"swing" des années 30/40, Big Sid Cattlet était avant
tout un homme de spectacle, perpétuant la tradition née avec les
premiers batteurs/jongleurs de l'histoire de la batterie.
Le flas fait partie des rudiments (techniques
de base) du tambour militaire européen et américain qui ont
été transposés à la batterie (comme le "papa/maman"
ou le moulin évoqué le mois dernier).
Les mesures irrégulières
ne sont pas les plus employées, surtout comparées au 4/4, à
part dans certaines musiques traditionnelles, le Rock progressif ou le Jazz.
Elles créent pourtant une atmosphère
intéressante (sensation de décalage ou de flottement) et permettent
de développer l'indépendance mentale (habituez-vous à
compter les temps à voix haute).
Mettre un oreiller (ou une couverture) dans
la grosse caisse (attention à ne pas trop étouffer la note).
Démonter les peaux de timbre de
la grosse caisse et des toms (comme cela se faisait beaucoup dans les années
80 ; le son ne résonne plus entre les peaux et la note est plus courte.
Détendre les peaux des toms et
de grosse caisse, en évitant le son "carton" quand la peau
est trop détendue.
Coller du "gaffer"
ou du chaterton sur les peaux (efficace mais salissant).
Utiliser les
sourdines internes des fûts (malheureusement plus rares aujourd'hui)
ou acheter des sourdines externes.
Découper dans de vieilles peaux
des cercles que l'on pose sur les peaux de frappe (c'est le principe du MAT
SOUND inventé par un batteur : Steve Gadd). Très efficace pour
la caisse claire mais le cercle risque de bouger et de se prendre dans vos
baguettes.
Monter des peaux épaisses ou en
double épaisseur.
Acheter des "muffles", cercles
de plastique rembourrés de mousse, que l'on pose sous la peau de frappe.
Efficace mais onéreux.
Il existe aujourd'hui des peaux de grosse caisse pré-équipées
de bande de mousse. Hormis le prix, l'inconvénient est le manque de
nuances que l'on peut obtenir avec ce type de peau, même si le système
est efficace.
L'un de ses "numéros"
préférés en club était de commencer un solo sur
la batterie pour le continuer sur les murs, le sol ou même les casseroles
des cuisines avant d'achever sa prestation sur l'instrument, sans bien sûr
rien perdre de son extraordinaire swing !
BRAVO L'ARTISTE !
Né le 26/12/1963, d'origine danoise,
Lars Ulrich est l'héritier direct des batteurs de Hard Rock, tels John
Bonham de Led Zeppelin ou Phil Rudd d'ACDC, en même temps qu'un
précurseur dans le jeu des futurs batteurs de Rock.
Il fonde, avec le guitariste James Hetfield,
le groupe Metallica à la fin des années 70, l'une des premières
formations à "durcir le ton" dans la lignée de Led
Zeppelin, ACDC, Scorpion ou Iron Maiden et ouvrant la voie au courant Heavy
Metal.
Le jeu de Lars est puissant et toujours
"collé" à la guitare rythmique. Cette cohésion
est particulièrement mise en valeur dans les "mises en place"
(unissons de l'orchestre sur des phrasés rythmiques) et l'utilisation
des mesures dites irrégulières (6/4 ou 9/4 par exemple).