Danse indienne
Les origines de la percussion afro-brésilienne, comme dans d'autres
pays d'Amérique du Sud (Cuba, Vénézuela ...), sont ancrées sur plusieurs continents, à commencer par le continent américain lui-même, où de nombreuses cultures (et donc de nombreuses musiques et danses) existèrent bien avant l'arrivée des premiers colons portugais.
Ces cultures eurent une grande influence sur les rythmes et les thèmes de la musique brésilienne (avec par exemple le Maracatú de Recife).
Danse indienne
Gravure extraite de Historia navigationis
Cette population locale va vite être enrôlée (le plus souvent de force) au service de la puissance coloniale portugaise, mais cette main-d'oeuvre s'avère moins "rentable" au travail et de santé plus fragile que celle importée d'Afrique.

Une immense partie des indiens fut en effet décimée par les maladies arrivées avec les occupants. S'organise alors dès 1542 le trafic triangulaire entre le Portugal, l'Afrique et le Brésil qui va provoquer la déportation d'esclaves à bord des vaisseaux négriers (les tumbeiros) à travers l'empire colonial portugais.

Des familles, des tribus et des ethnies vont ainsi se trouver dispersées. Malgré un total dénuement et les mauvais traitements infligés par les maîtres blancs, le fil de la tradition ne sera pas rompu.

Bravant l'interdiction de se réunir et de pratiquer la musique, les africains préservent leurs croyances et leurs rites. Ceux-ci sont travestis pour ne pas éveiller la méfiance des contremaîtres.

C'est ainsi que les dieux africains prendront le nom de saints catholiques (Saint François pour Omulu, dieu de la santé ...) et que la Capoeira, art de combat très ancien, se déguisera en danse souple à l'esthétique fascinante.

Tambour africain

Les rythmes, les chants et les danses sont donc restés vivaces dans la mémoire collective du peuple noir et les croyances religieuses ont gardé leur place au centre des préoccupations des esclaves. Le poète caribbéen Edouard Glissant évoque "un souvenir qui n'a jamais cessé de hanter l'esprit des esclaves noirs".

La majorité des esclaves déportés au Brésil provenait d'abord d'Afrique Centrale et d'Angola. Plus tard, des esclaves venus du Golfe de Guinée (ethnies Wolof, Haoussa ou Yoruba) furent envoyés dans les mines d'or ; ces ethnies avaient, pour les blancs qui les avaient superficiellement observées, la réputation de savoir repérer et extraire l'or ...

Très tôt, les propriétaires d'esclaves durent réprimer de nombreuses initiatives : émeutes, fuites (le marronnage), refus de travailler.

Ils eurent alors l'idée d'autoriser les réunions d'esclaves par ethnies afin de les contrôler plus facilement tout en attisant les rivalités entre groupes et empêcher les mouvements de masse.

Ces groupes s'appelaient les Batuques, du nom d'un ancien rythme angolais, ancêtre du Samba. Le batuque va alors devenir lieu de réunion, de jeux, de pratique religieuse et de préservation de la culture africaine.

Pourtant les rebellions et les fuites d'esclaves continuent à bousculer l'histoire de la colonie. Des noirs échappés vont créer les Quilombos, véritables états noirs à l'intérieur du pays, organisés et prêts à se battre pour leur liberté. Le plus célèbre d'entre eux est le Quilombo de Palmarès, qui a résisté de nombreuses années durant le 17e siècle à l'armée portugaise, avant d'être détruit dans une répression sanglante.

Batuque
Batuque -Illustration de J.M. Rugendas
A l'intérieur des Quilombos vont se mêler de nombreuses ethnies et avec elles les croyances, les chants et les rythmes.
Photo Claire Leibovitz
Offrandes aux dieux - Rite Macumba

Les nouvelles industries du 19e siècle vont provoquer la concentration de populations essentiellement noires aux abords des villes. Les rites comme le Candomblé ou la Macumba vont alors se dérouler clandestinement dans les Terreiros, lieux de culte et de communion avec les dieux.

Un autre afflux de population va enrichir le creuset culturel et humain du Brésil : il s'agit d'Italiens, d'Allemands, de Portugais ou, plus tard, de Japonais qui vont eux aussi s'installer dans les villes.

Enfin, après l'abolition de l'esclavage au Brésil en 1888, une autre vague de migrants à la recherche de travail va encore grossir le flot humain vers les agglomérations du sud du pays, le plus souvent Rio de Janeiro ou São Paulo.

Peu à peu les rites vont sortir de la clandestinité et les musiques vont se mélanger entre autres à travers le Carnaval, tradition européenne.

Les percussions afro-brésiliennes puisent aujourd'hui leur force dans cet insondable patrimoine.
Elles sont présentes dans tous les styles de la musique brésilienne, de la Bossa Nova (influencée par le Jazz) aux Blocos afros de Salvador de Bahia, de la Musica Popular Brasileira (MPB) au Samba de Rio, sans oublier les rites toujours très vivaces.

Les influences, notamment des Etats-Unis depuis une cinquantaine d'années, sont nombreuses mais la musique brésilienne est toujours reconnaissable car habitée du feu ancestral, lui-même incarné par les percussions gardiennes du rythme, de la mémoire et du sacré.

Costume au Carnaval de Rio
Costume au Carnaval de Rio

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L'Europe quant à elle a apporté une contribution importante à travers ses instruments (caisse claire, guitare...), ses danses (valse, polka ...) et ses mélodies. Mais le fondement de la musique et des percussions afro-brésiliennes est lié au sort tragique de millions de noirs déportés d'Afrique vers les colonies des Amériques.

En 1500, Pedro Alvarez Cabral accoste sur une terre paradisiaque, habitée par des tribus locales.

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