Photo F. Borel
Malgré la dispersion de tribus entières dès les premiers temps
de l'esclavage, les croyances et les religions vont perdurer parmi la population noire. Ces croyances vont prendre l'apparence d'un mélange avec la religion catholique ou se pratiquer dans la clandestinité et ainsi préserver les racines du peuple africain.

Le Candonguero, nom d'un tambour typique angolais, va donner son nom au Candomblé, ensemble de rites et de cérémonies présent surtout au Nord-Est du Brésil (le Nordeste) et Salvador de Bahia.

Danse Vodun - Bénin

Dirigées par un Pai de Santo (ou plus souvent par une Mai de Santo), les cérémonies du Candomblé se caractérisent par une dévotion aux dieux africains, d'origine Yoruba,
Fon et Gun essentiellement
(Culte des Vodun).

Il existe plusieurs formes de Candomblé à Bahia, selon les origines de leurs adeptes : Gegê-Nagô (issu des cultes Yoruba et Fon), Ijexa, Congo-Angola, Candomblé de Caboclo (qui rassemble des traditions africaines et plus nationales).
Durant les cérémonies rituelles, le chant, la percussion et la danse jouent un rôle primordial. Les chants sont basés sur l'incantation de la Mai de Santo reprise en choeur par les participants. La danse évoque souvent la mythologie des dieux et correspond à des rythmes précis et codifiés.
Scène de Macumba
Scène de Macumba

La percussion joue ainsi en accompagnement ou en solo des rythmes particuliers pour chaque dieu, comme Aguerê pour Oxosi ou Bravum pour Ogum, dieu de la guerre.

Avec l'atabaque et l'agogo, les percussions participent pleinement au rite, appelant les Orixas et provoquant la transe des initiés.

Après l'abolition de l'esclavage en 1888, beaucoup de noirs venant surtout du Nordeste vont s'installer dans les périphéries des grandes villes du Sud comme Rio de Janeiro ou São Paulo à la recherche de travail.

D'autres formes de cultes vont ainsi se développer, comme la Macumba à Rio et São Paulo, ou l'Umbanda, imprégnée de magie blanche, et la Quimbanda, faisant appel à la magie noire, ces deux derniers rites étant surtout présents dans les campagnes et parmi les populations pauvres.

Ces diverses formes conservent un même fondement : dualité des mondes naturels et surnaturels, foi en l'énergie créatrice Axê et dans les Orixas, synthèse de façade avec le catholicisme.

Dans la Macumba, Oxala prend ainsi le nom de Jésus-Christ et Iemanja, déesse de la mer, celui de la Vierge Marie.

Peu à peu, surtout depuis les années 40, les lieux de cultes (Terreiros) sortent de l'ombre pour être aujourd'hui omniprésents dans la vie de millions de brésiliens de toutes origines.

Photo Claire Leibovitz
Représentation d'un Orixa
Aquarelle de Carybé
Candomblé. Rituel pour Xango
Aquarelle de Carybé.

La vivacité de la musique rituelle est telle qu'elle a donné naissance à quasiment toutes les musiques modernes du Brésil comme le Samba ou le Samba Reggae. Ces versions "de rue" sont peut-être moins directement imprégnées de religiosité mais gardent l'authenticité des premiers rituels afro-brésiliens.

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Ces dieux, appelés Orixas, symbolisent les forces de la nature, comme Xango, dieu du feu et du tonnerre, Oxosi, dieu de la chasse ou Oxala,dieu de la création.