





Dans les années 80, les Blocos afros joueront un rôle de plus en plus important dans la vie sociale et politique du Nordeste : les thèmes parlent du racisme et de l'inégalité socio-économique (qui touche surtout les noirs depuis la fin de l'esclavage). C'est le cas notamment d'Olodum, Bloco créé par d'anciens membres d'Ilê Aiyê en 1979.
Sur le plan musical, les influences vont s'étendre au monde afro-caribbéen, avec la fusion de rythmes brésiliens et cubains (comme la Timbalada de Carlinhos Brown, fondée sur la clave de la Rumba) ou jamaïcains (qui donnera naissance au Samba Reggae).
De nombreux autres Blocos afros ont vu le jour comme le Bloco Muzenza créé en 1981 en osmose spirituelle avec le chanteur Bob Marley, mort cette même année, le Bloco Dida, entièrement féminin, Tupi Nagô ou Banda Mel, qui dérivera vers une exploitation plus commerciale à la fin des années 80.

Depuis les années 90, la musique des Blocos afros influence, le plus souvent directement, tous les styles émergeant de la scène musicale brésilienne, comme l'"Axê Music" de Fernanda Abreu, le "Samba Rap" de Moleque de Rua, le "Mangue Beat" de Chico Science ou encore le "Samba Funk" de Lenine.
Sur
un plan purement rythmique, l'instrumentarium des Blocos afros est
représenté par les surdos, les caixas (caisses
claires ), les xekerés et les timbaús principalement.
Dans certaines formations, on rencontre aussi la zabumba (grosse caisse),
le pandeiro et le triangle.
Influencée par le Reggae, la musique se joue sur un tempo relativement lent et "lourd", tout en gardant la même racine rythmique que le Samba. Le chant tient une place prépondérante, basé sur les questions/réponses entre le chanteur soliste et les musiciens.
Les liens avec l'Afrique sont toujours omniprésents, même si des distances sont prises avec le Candomblé : les thèmes des chansons sont moins religieux, plus politiques, le chef d'orchestre n'est plus le "Pai de Santos" des cérémonies et l'atabaque a été remplacé par une version plus urbaine, le timbaú.

Les percussions des Blocos afros se marient aussi au son électrique dans les Trios Eléctricos, groupes à la sonorisation aujourd'hui démentielle, juchés sur d'énormes camions pendant le Carnaval.
Malgré un important phénomène de récupération commerciale (que l'on connait aussi en Europe), la musique des Blocos afros est très présente dans le quotidien et les fêtes du Nordeste, et les nouvelles préoccupations et influences n'occultent pas la filiation avec les ancêtres africains.
Bénéficiant du courant de la World Music, la musique des Blocos afros est aujourd'hui écoutée dans le monde entier, témoignant de l'extraordinaire vitalité du génie musical afro-brésilien.

