une immense mosaïque où se mêlent toutes les origines du peuple brésilien, africaines mais aussi amérindiennes et européennes (dans une moindre mesure).
Luis Gonzaga
Luis Gonzaga
D'innombrables styles et rythmiques sont aujourd'hui joués à Salvador de Bahia, Recife ou Olinda, avec de multiples variantes selon les quartiers ou les rues :

Maracatú
(mélange afro-amérindien, associé au théâtre populaire du Bumba-meu-boi), Catérétê,
Afoxé (avec l'ensemble mystique Filhos de Gandhi), Merengué, Samba Reggae, Timbalada, Côco, Frevo (d'inspiration militaire et qui doit sa force aux cuivres), Baião, Xaxádo, Xoté et Fôrro, musique à danser intimement liée aux bals de la Saint-Jean, dont le principal représentant fut le célèbre accordéoniste Luis Gonzaga.
Timbalada dans les rues de Salvador de Bahia
Timbalada dans les rues de Salvador de Bahia
Parmi les manifestations les plus vivaces de la musique du Nordeste, les Blocos afros occupent une place tout à fait privilégiée, au-delà du domaine musical.
Les années 70 verront ensuite l'expansion de la MPB (Musica Popular Brasileira) avec le génial Hermeto Pascoal et le Mouvement Tropicaliste dont les chefs de file, Caetano Veloso et Gilberto Gil, sont bahianais et imprégnés de la musique des Blocos afros.
Hermeto Pascoal
Caetano Veloso
Gilberto Gil

Dans les années 80, les Blocos afros joueront un rôle de plus en plus important dans la vie sociale et politique du Nordeste : les thèmes parlent du racisme et de l'inégalité socio-économique (qui touche surtout les noirs depuis la fin de l'esclavage). C'est le cas notamment d'Olodum, Bloco créé par d'anciens membres d'Ilê Aiyê en 1979.

Sur le plan musical, les influences vont s'étendre au monde afro-caribbéen, avec la fusion de rythmes brésiliens et cubains (comme la Timbalada de Carlinhos Brown, fondée sur la clave de la Rumba) ou jamaïcains (qui donnera naissance au Samba Reggae).

De nombreux autres Blocos afros ont vu le jour comme le Bloco Muzenza créé en 1981 en osmose spirituelle avec le chanteur Bob Marley, mort cette même année, le Bloco Dida, entièrement féminin, Tupi Nagô ou Banda Mel, qui dérivera vers une exploitation plus commerciale à la fin des années 80.

Carlinhos Brown
Carlinhos Brown

Depuis les années 90, la musique des Blocos afros influence, le plus souvent directement, tous les styles émergeant de la scène musicale brésilienne, comme l'"Axê Music" de Fernanda Abreu, le "Samba Rap" de Moleque de Rua, le "Mangue Beat" de Chico Science ou encore le "Samba Funk" de Lenine.

Sur un plan purement rythmique, l'instrumentarium des Blocos afros est représenté par les surdos, les caixas (caisses claires ), les xekerés et les timbaús principalement. Dans certaines formations, on rencontre aussi la zabumba (grosse caisse), le pandeiro et le triangle.

Influencée par le Reggae, la musique se joue sur un tempo relativement lent et "lourd", tout en gardant la même racine rythmique que le Samba. Le chant tient une place prépondérante, basé sur les questions/réponses entre le chanteur soliste et les musiciens.

Les liens avec l'Afrique sont toujours omniprésents, même si des distances sont prises avec le Candomblé : les thèmes des chansons sont moins religieux, plus politiques, le chef d'orchestre n'est plus le "Pai de Santos" des cérémonies et l'atabaque a été remplacé par une version plus urbaine, le timbaú.

Groupe de Maracatù à Olinda
Groupe de Maracatú à Olinda

Les percussions des Blocos afros se marient aussi au son électrique dans les Trios Eléctricos, groupes à la sonorisation aujourd'hui démentielle, juchés sur d'énormes camions pendant le Carnaval.

Malgré un important phénomène de récupération commerciale (que l'on connait aussi en Europe), la musique des Blocos afros est très présente dans le quotidien et les fêtes du Nordeste, et les nouvelles préoccupations et influences n'occultent pas la filiation avec les ancêtres africains.

Bénéficiant du courant de la World Music, la musique des Blocos afros est aujourd'hui écoutée dans le monde entier, témoignant de l'extraordinaire vitalité du génie musical afro-brésilien.

Trio Eléctrico
Trio Eléctrico
Les premiers Blocos afros apparurent au début des années 70, lorsque les autorités permirent aux groupes musicaux de défiler pour le Carnaval.
La musique noire put ainsi descendre à nouveau dans la rue, comme le faisaient les premiers groupes Afoxé à la fin du 19e siècle et en filiation directe avec les rythmes du Candomblé.
Très vite, les Blocos afros accorderont une place importante à la revendication de leurs origines noires (les blancs n'ayant pas le droit d'y participer, ce qui est encore le cas aujourd'hui dans certains Blocos). Le premier d'entre eux, Ilê Aiyê, créé en 1974, a été largement influencé par le mouvement noir aux Etats-Unis, traduisant pour l'un de ses titres phares l'expression "Black is Beautiful" en "Negro è lindo". Ses racines africaines sont ainsi dès leur création au centre des préoccupations du Bloco afro.

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